Forte croissance du nombre de cas de fraude détectés aux Pays-Bas

Le Verbond van Verzekeraars, l’homologue d’Assuralia aux Pays-Bas, a publié récemment des chiffres annuels sur la fraude à l’assurance dans leur pays. Il en ressort que le nombre de cas démontrés de fraude à l’assurance y a pratiquement doublé en 2019. En effet, les assureurs néerlandais ont détecté 22.376 cas de fraude l’an dernier, contre 12.879 en 2018. Ils ont évité de la sorte qu’un montant de 96 millions d’euros soit versé indûment à des fraudeurs. En 2018, ce montant atteignait 82 millions d’euros. La mention de contrevérités et l’omission volontaire d’informations dans la demande d’assurance constituaient les principales causes de fraude à l’assurance.

L’association des assureurs néerlandais attire l’attention sur le fait que le préjudice financier causé par la fraude à l’assurance a une incidence sur les primes payées par tous les assurés aux Pays-Bas. C’est la raison pour laquelle les assureurs entendent maintenir les montants des indemnisations à un niveau le plus bas possible. Pour la cinquième année d’affilée, le nombre de détections de cas de fraude à l’assurance et d’autres formes de criminalité en assurances est en augmentation. Ces détections permettent aux assureurs d’éviter d’appliquer de fortes hausses des primes consécutives à la fraude.

L’augmentation des cas de fraude démontrés est le résultat d’une collaboration intensive et d’un partage des connaissances entre les assureurs, précise encore la fédération sectorielle néerlandaise. En outre, les assureurs recourent à des systèmes qui signalent des données étonnantes. C’est ainsi que les assureurs ont examiné 51.839 clignotants de fraude possible en 2019, contre 44.810 en 2018. Les inspecteurs fraude des entreprises d’assurances utilisent ces clignotants pour décider d’entreprendre ou non une enquête plus approfondie. L’objectif de celle-ci est de constater s’il est effectivement question de fraude.

Lorsqu’un assureur constate une fraude incontestable, il prend des mesures contre son auteur. Pour la majorité des fraudeurs, cela se limite à des mesures prises au sein de leur propre entreprise d’assurances. Elles consistent par exemple à refuser l’assurance au demandeur ou à mettre fin au contrat. Dans une affaire de fraude sur cinq établies, les assureurs enregistrent des informations sur le fraudeur dans le système sectoriel d’avertissement. L’assureur peut également faire une déclaration à la justice et réclamer au fraudeur les frais d’enquête.

Afin de bien répertorier les points faibles au sein des entreprises d’assurances qui ont été victimes d’une fraude, le Verbond van Verzekeraars est en train de développer notamment un modèle d’évaluation. Le partage fréquent d’informations relatives au cybercrime permet également aux assureurs d’accroître leur résilience à cette forme avancée de criminalité.